mercredi 2 juin 2010

Communication comme recheche intersubjective de l'intercompréhension

II.1.ORIENTATION DU LANGAGE VERS L’INTERCOMPREHENSION

ET ORIENTATION DU LANGAGE VERS LE SUCCES

II.1.1. Orientation vers le succès

Dans cette orientation, selon notre auteur, l’acteur use du langage dans son agir pour influencer l’autre, son interlocuteur. Un locuteur qui agit de cette manière vise le succès, car il veut amener l’autre à réaliser ce qu’il attend. En entrant en communication, il a déjà l’idée sur ce qui en sortira.

Il est à savoir que selon notre auteur, ici le langage est utilisé contrairement à son vrai but qui est l’intercompréhension. Et, c’est pourquoi les participants qui visent le succès peuvent tout faire en vue d’influencer les autres, c’est ainsi qu’Habermas dira : « (…) ils essaient de ne parvenir aux fins qui motivent leur action en influant, pour ce faire- par des moyens extérieurs, usant de la carotte et du bâton, de menaces des promesses séduisantes- sur les termes qui définissent la situation »[1]

C’est dans cette même optique, que se déploie le discours politique. Pendant la propagande beaucoup de candidats aux différents postes font des promesses séduisantes aux électeurs, tout simplement dans le but de se faire élire. Ainsi, le professeur Onaotsho Kawende écrit : « le discours électoral en est un qui se préoccupe moins de convaincre par sa visée émancipatoire, qu’à conquérir l’adhésion et les faveurs du public, à pousser les électeurs à voter pour leur parti»[2] Dans ce sens, le langage est détourné de sa fonction qui est l’entente, il devient un moyen de manipulation, de séduction, un instrument.

En outre, le langage orienté vers le succès est souvent à la base de désaccord dans la société. Cette utilisation du langage est à moral, inhumain, reprochable. Ceci se remarque par sa façon de structurer le discours de peur que son plan soit déjoué. Dans cette optique, le professeur Onaotsho dira : « ce discours se prête à la discussion, mais tout en déployant de te telle sorte qu’il ne soit pas sujet à débat »[3] Dans cet usage du langage, il n’y a pas de considération horizontale des acteurs dans leur communication.

De plus, ce type de langage favorise la domination de certains sur les autres. Cet usage joue un rôle très important dans le pouvoir politique. Et quand le langage est orienté vers le succès, il y a domination des uns sur les autres. Par conséquent : « l’asservissement d’une catégorie des participants n’est qu’une conséquence logique de la rupture d’un équilibre intersubjectif »[4].Dans ce sens, nous comprenons que le langage orienté vers le succès a pour résultat le déséquilibre dans la société. Pour une bonne marche de la société, il faut chercher à établir l’intercompréhension par le langage.

II.1.2. Orientation vers l’intercompréhension

Il est important pour nous de signaler que c’est sur cet usage qu’est fondé notre travail. Car dans l’optique de notre auteur dans une activité communicationnelle les protagonistes ne doivent agir que de manière à aboutir à la définition commune de leur situation. En cherchant tout ce qui est possible pour parvenir à une convention admise par tous les participants, les protagonistes visent l’intercompréhension ; processus qui exige la reconnaissance de la validité d’un tel ou tel autre acte.

Au dire de Habermas, l’activité communicationnelle ne peut réussir que si elle aboutit à la compréhension entre les différents sujets. C’est ainsi qu’il écrit : « dans l’activité communicationnelle, le langage acquiert, par delà la fonction d’intercompréhension, le rôle de coordonner les activités orientées vers un but, de plusieurs sujets de l’action, et il joue aussi un rôle d’un médium pour socialiser ces sujets de l’action eux-mêmes »[5]. De ce qui précède, la fonction du langage est de socialiser les individus ; en vue de l’entente mutuelle.

A notre avis, dans la vie quotidienne si tous les hommes font tout par le dialogue pour chercher l’entente entre eux, beaucoup de conflits inutiles qui déchirent notre monde n’existeraient plus. Autrement dit, la communication exige que tous les acteurs acceptent d’accorder leurs projets d’actions et de tendre vers leurs buts respectifs pourvu qu’une entente sur la situation et les conditions escomptées existe. L’intercompréhension suppose la satisfaction de tous les participants.

Dans le sens habermasien, l’attitude orientée vers l’intercompréhension doit être élucidée presque toujours au regard des actes illocutoires. Un tel usage du langage est au centre de la pragmatique universelle qui veut la présence d’une société en droit illimité, exemptée idéalement de toute force d’influence. La communication est entendue comme une action visant l’harmonie, l’entente entre les différents participants et l’adhésion libre.

Selon Habermas, les procès d’intercompréhension visent l’entente rationnellement motivée. Car la communication ne passe que par le langage qui est son medium et ne vise que l’entente. A ce sujet il écrit : « l’intercompréhension (vestandigung) est inhérente au langage humain comme son télos »[6]. Sur ce, nous pensons que la compréhension entre les différents sujets doit être la finalité de l’activité communicationnelle.

Il est intéressant de signaler que le langage orienté vers l’entente recherche la coopération intersubjective: « les procès d’intercompréhension visent un accord qui, satisfasse aux conditions d’un assentiment (zustimmung) rationnellement motivé au contenu d’une expression »[7]. De ce fait, un accord obtenu par la communication sera rationnel par l’accord libre de chaque participant.

Le langage orienté vers l’intercompréhension suppose un dialogue qui cherche à établir un consensus. Le dialogue suppose la présence d’au moins deux sujets. Car l’homme n’est pas une monade traversant sa trajectoire seul. Entrer en dialogue, c’est faire comprendre, car selon notre auteur, l’intention du locuteur s’épuise dans le faire-comprendre, afin que dans le procès d’entente l’interlocuteur prenne position par oui ou non. Dans le procès d’intercompréhension celui qui s’y engage ne doit pas croire posséder seul la vérité. Ainsi : « nul ne détient le monopole du sens ou de la vérité, des co-sujets comme partenaires qui ne font que concourir à l’avènement d’un en-commun, de la Vérité du dialogue »[8].

Bref, l’usage du langage pour l’intercompréhension est du fait qu’un " Ego " cherche à relier ses actions avec un " Alter Ego". Ici les participants visent des objectifs illocutionnaires. La réciprocité de relation entre les sujets est à la base de la coordination des actions sociales. Les sujets cherchent une coopération intersubjective, en vue d’établir l’entente.

II.3. OBSTACLES ET CONDITIONS D’UNE COMMUNICATION

Dans cette partie, notre préoccupation consiste à faire montrer les obstacles et les conditions qu’établit Habermas pour la réussite d’une communication langagière. Il est utile de rappeler que l’acte du langage ne réussit que si l’autre prend position par oui ou non. Autrement dit une communication langagière au sens de notre auteur réussit dans la mesure où elle aboutit à sa finalité qui est l’intercompréhension. Ainsi, Jean Marc Ferry définit cette activité comme : « l’activité humaine spécifiquement orientée à l’intercompréhension»[9].

Dans cette optique, il nous est important de parler succinctement de l’entente avant d’aborder les obstacles et les conditions qui le bloquent ou le rendent possible. L’intercompréhension est même condition d’une société. Cette affirmation est possible dans la mesure où la société est fondée par la communication. Les prenants part à une activité communicationnelle doivent promouvoir l’entente entre eux.[10]

En outre, la compréhension intersubjective vaut comme un terrain d’entente entre ceux qui agissent communicationnellement. En d’autres termes, c’est une communication en vue d’un accord valide entre les participants. Ce terme a pour principe de joindre les actions d’un "Ego" à celles d’un "Alter Ego". Et cette adjonction au dire de Habermas n’accepte pas de contrainte, ici le paradigme sera : « la relation intersubjective qu’instaurent des sujets capables de parler d’agir, lorsqu’ils s’entendent entre eux sur quelque chose »[11]

Le processus d’entente est celui qui sert à la coordination des actions de plusieurs sujets dans la pratique communicationnelle. Ceux qui agissent en action, c’est-à-dire les protagonistes doivent avancer des raisons pour motiver l’adhésion des uns et des autres. Ainsi Habermas pense que l’intercompréhension est un : « processus de persuasion réciproque, qui coordonne les actions de plusieurs parties prenantes sur le fondement d’une motivation par des raisons»[12].De ce fait, l’accord issu des motivations rationnelles est valide. Outre cet accord, il y a des choses qui font obstacles à la réussite d’une activité communicationnelle.

II.3.1. Quelques obstacles d’une communication langagière

Il y a plusieurs obstacles à la communication. Nous ne saurons les aborder tous dans ce travail. L’essentiel pour nous est de parler succinctement de ce qui fait obstacle à cette activité dans la perspective habermasienne. Nous allons nous attarder plus sur les conditions pour la réussite d’une communication langagière.

II.3.1.1. Les variables psychologiques

Notre préoccupation ici consiste à montrer que tout participant à la communication est comme un organisme soumis à un ensemble des forces externes ou internes lié à son histoire. Dans ce sens, il peut avoir de la considération ou du mépris pour les autres participants. En cas de mépris ces variables constituent un obstacle pour la réussite de la communication. A ce sujet Habermas écrit : « l’art de dominer inconsciemment des conflits que la psychanalyse explique à partir de stratégies de défense conduit à des perturbations de la communication affectant simultanément les niveaux intrapsychique et interpersonnel»[13]. Car dès que l’un des participants souffre de complexe de supériorité ou d’infériorité, il est difficile de promouvoir la compréhension entre les protagonistes en action.

Ces effets psychologiques peuvent se manifester sous plusieurs formes. Il y a notamment, le mécanisme projectif qui consiste à assimuler la pensée de l’autre à la sienne ou à prêter à l’autre ses propres sentiments, et le mécanisme de défense où le participant ne veut pas adhérer à l’opinion qui va à l’encontre de sa propre position. Ce qui constitue un obstacle pour une communication digne ce nom.

II.3.1.2. Les mots polysémiques et les problèmes pathologiques

Le cas des mots polysémiques est ce qui a conduit Habermas à insister sur le contexte, car un seul mot peut avoir plusieurs sens différents. Ces mots constituent un mur pour la réussite d’une action langagière, dans la mesure où deux sujets en dialogue ont appris le même code dans les contextes différents.

A titre illustratif, nous prenons le concept "vedette" pour celui qui est à coté d’une rivière où les vedettes font des tours, il a l’idée de ce mot comme un moyen de transport. Alors que pour un acteur qui ne connaît rien de "vedette" comme moyen de transport, il aura l’idée d’une star. Ainsi la compréhension intersubjective serait difficile à atteindre.

En outre, les obstacles à la communication d’ordre pathologique sont causés par l’état psyho-somatique du proposant ou du récepteur. Ainsi, Habermas propose: « une cure autoréflexive sur le modèle explicite de la cure psychanalytique à la société contemporaine, afin de retrouver les véritables intérêts pratiques cognitifs et libérer ainsi l’espace public-social du parasitage idéologique qui perturbe la communication en son sein»[14].

Au sens de Habermas, les manifestations pathologiques peuvent affecter la communication. La domination provoquée par l’un des participants perturbe la communication, dans la mesure où elle peut conduire à un mécanisme de défense.[15]Ici le proposant n’agit plus en vue d’un accord valide et rationnel, mais pour se défendre.

Dans ce même sens, Moix Candide pense qu’il faut aussi ajouter la perturbation de la communication provoquée par le non respect des valeurs humaines et morales qui conduisent parfois à l’égocentrisme, au refus de l’autre, et à la légèreté par la considération des relations entre les sujets.[16] Bref, la cause principale des obstacles à la communication doit être au sens habermasien, l’affectation négative de l’un des facteurs qui constituent la communication.

II.4. CONDITIONS POUR LA REUSSITE D’UNE COMMUNICATION

Pour Habermas, comme nous l’avons dit, la communication reste une activité intersubjective cherchant l’entente. Ainsi Guy Félix Duportail, commentant Habermas, dira : « toute communication réelle serait ainsi intéressée pour le succès même de l’intercompréhension à l’actualisation d’une situation idéale de parole contrefactuelle anticipée par les locuteurs »[17].Pour notre auteur, il faut remplir quelques conditions pour parvenir à cette fin noble qu’est l’intercompréhension.

II.4.1. Le fondement moral de la communication

Il est question de savoir que selon notre auteur, la notion de l’intercompréhension exclut immédiatement celle de l’impérialisme. Elle est comprise comme interaction de coopération, ceci implique l’ouverture et la reconnaissance entre participants à la communication comme des sujets autonomes et semblables ; c’est-à-dire libres. Il faut que les sujets se conforment avec les normes éthiques . Ces normes rationnelles visent à orienter les sujets en dialogue. Comme le pense Habermas, ces normes prônent le refus de contrainte et la reconnaissance intersubjective des sujets doués de raison capables de parler et d’agir.

En ce sens, nous voulons affirmer que l’intercompréhension n’est possible que si les sujets en dialogue obéissent à des normes éthiques, qui protègent la communication des violences pour les intérêts de quelques particuliers. L’idée de violence vaut son pesant d’or dans la mesure où ceux qui agissent communicationnellement émettent, chacun une exigence particulière. D’où la communication doit être fondée sur la morale, pour aboutir à une finalité noble qui est l’établissement de l’entente.

La morale de justesse et vérité que prône notre auteur trouve son sens dans la confrontation et la canalisation des prétentions à la validité présentées par les acteurs. Bref, l’accord rationnel auquel aboutit une communication n’est possible que si les parties prenantes acceptent que leur activité soit régie par les normes morales. L’intégrité morale du locuteur et de l’auditeur constitue une des conditions nécessaires pour la réussite de l’activité communicationnelle.

II.4.2. L’utilisation des standards et le contexte

Les standards sont ce qui est supposé être connu de tous. Au dire de Habermas, pour parvenir à l’intercompréhension, il faut que le proposant puisse tenir compte des autres participants en utilisant ce qui est connu de tous. Ainsi, écrira -t-il : « celui qui veut s’entendre avec autrui est obligé de supposer des standards communs à l’aune desquels les participants peuvent savoir si un consensus a lieu ».[18]De ce fait, on peut dire que les standards constituent l’une des conditions pour la réussite d’une action langagière.

En outre, Habermas accorde une grande importance au contexte. Pour lui, il faut que la situation du contexte soit bien réglée dans toute communication. Les acteurs doivent s’inscrire dans le même contexte d’énonciation du discours. Ainsi, Habermas écrit : « pour chaque type d’actions langagières, il faut que soient remplies les conditions générales du contexte pour que le locuteur puisse obtenir un succès illocutionnaire».[19]

C’est dans cette perspective que notre auteur incorpore parmi les préoccupations de la pragmatique, non seulement les actions langagières directes ; mais aussi indirectes, figurées, ambiguës, l’arrière fond qui donne des significations contextuelles exactes. La signification d’un acte de parole ne peut pas se passer en dehors des conditions contextuelles.

II.4.3. Les actions communicationnelles

Ici, il est question de l’attitude du locuteur ou du participant. Celui-ci ne doit pas agir stratégiquement, il doit agir comme un "Ego" qui veut coordonner ses actions avec un "Alter", afin qu’ils puissent s’entendre sur quelque chose.

Selon Habermas, les participants ne doivent poser que des actes qui vont leur permettre de se mettre d’accord comme partenaires. Car la compréhension d’un acte de parole dépend de celui qui fait que celui-ci soit acceptable.[20]De ce fait, nous nous rendons compte que les participants doivent prendre part en vue de comprendre. Le proposant ne doit pas agir avec exigence de coordonner son agir dirigé vers un objectif avec celui des autres participants immédiats.

Pour le dire autrement, celui qui prend part à un procès de communication, doit agir toujours de façon à établir des relations interpersonnelles. Dans ce processus, il est demandé aux participants d’adopter l’attitude de dialogue et d’écoute, en vue d’une compréhension réciproque. Autrement dit, par l’écoute et dialogue, les acteurs agissent en vue d’une coopération intersubjective. Pour ce, voilà l’exigence pour nous de faire appel à la tolérance.

II.4.4. La tolérance

L’idée de tolérance est très significative dans la pensée habermasienne. En effet, pour notre auteur, celui qui prend part à une communication doit savoir que des autres peut sortir quelque chose de bon. En d’autres termes, quiconque prend part à un procès d’entente doit être disposé à accepter que la perspective de l’autre soit aussi bonne. Les participants doivent aussi accepter les critiques: « chaque consensus repose sur une reconnaissance intersubjective des prétentions critiquables à la vérité ; et par là même il est présupposé que ceux qui agissent communicationnellement sont capables de critiques réciproques »[21].

La tolérance exige aussi que l’autre soit considéré comme tel, car il est affirmé qu’il peut contribuer à l’établissement de la recherche de l’intercompréhension. Etre tolérant, implique une desabsolutisation de soi, car « c’est peut être l’autre qui a raison ».[22] Ceci nous laisse dire que pour parvenir à un accord valide dans la communication, l’acteur doit être disposé à entendre les propos des autres. C’est ainsi que nous posons la tolérance comme une des conditions pour la réussite d’une communication langagière.









dimanche 30 mai 2010

RATIONALITE COMMUNICATIONNELLE

L’homme est un être rationnel, c’est-à-dire doué de raison. La raison est consubstantielle à la nature humaine ; mais cette raison vaut plus dans la relation sujet-objet. C’est pourquoi nous essayerons de chercher le spectre du déploiement de la raison dans le monde social, où l’homme est appelé à communiquer avec ses semblables.

Beaucoup de philosophes avaient une vision réductionniste de la raison en limitant celle-ci au niveau instrumental, économique, politique. Cette conception conduit à la rationalité manipulatrice qui considère l’homme comme un moyen, alors que celui-ci n’est pas seulement un moyen mais aussi une fin. C’est pour cette raison qu’Habermas surgit pour faire contre pied, non seulement aux philosophies de la réflexion comme celle de Descartes, Hegel et autres, mais aussi à l’impérialisme des sciences exactes.

Considérant l’homme dans sa relation intersubjective, Habermas plaide pour une reconnaissance de celui-ci vivant dans le monde social. L’homme doit être considéré dans sa relation avec les autres sans domination, ni contrainte. Et cette vie doit être centrée sur le dialogue, c’est-à-dire la communication. Dans cette optique, la communication aura pour finalité la compréhension entre les différents interlocuteurs. Ainsi avec Habermas la raison n’est pas seulement transcendantale comme le pensait Kant, mais surtout communicationnelle. A ce sujet Okolo écrit : « par rapport à Kant, Habermas semble plus heureux, il réussit là où Kant a échoué : Kant avait vainement essayé de ramener la raison pratique à la raison pure, Habermas réussit à ramener la raison pure à la raison pratique »[1].

Il serait intéressant de signaler que toute communication n’aboutit pas nécessairement à l’intercompréhension. C’est pourquoi, Habermas plaidera pour une démarche consensuelle, en vue d’un accord rationnel. Habermas pensera la rationalité comme co-originaire à la socialité. Ce chapitre est divisé en deux grandes parties. Dans la première partie, il sera question d’expliciter quelques concepts fondamentaux de ce travail. Dans la deuxième, nous allons montrer le spectre de déploiement de la raison, c’est-à-dire nous expliciterons le lieu où la raison communicationnelle se manifeste.

I.1. ELUCIDATION DES QUELQUES CONCEPTS

I.1.1 Rationalité
La raison est inhérente à la nature humaine, elle est consubstantielle à la vie de l’homme. Habermas considère que la rationalité se déploie à travers les activités communicationnelles. Autrement dit la raison est au service de la communication : c'est-à-dire la raison a un aspect important dans la théorie habermasienne.

La rationalité selon Habermas peut amener à la manipulation instrumentale ou à l’entente communicationnelle. Cependant notre auteur prône celle qui conduit à l’entente par un consensus : « ce concept de rationalité communicationnelle comporte des connotations qui renvoient finalement à l’expérience centrale de cette force sans violence du discours argumentatif qui permet de réaliser l’entente et de susciter le consensus»[2]. Cette rationalité conduit à un accord motivé entre les participants à la communication.

Il est à savoir que la raison est un outil au service de deux ou plusieurs sujets en interaction. En d’autres termes, la raison est ce qui nous permet d’arriver dans les activités communicationnelles réussies. Cette rationalité ne concerne pas l’acquisition de connaissance, mais elle concerne plus l’utilisation du savoir : « (…) la rationalité a moins à avoir avec la connaissance et la production de savoirs qu’avec la façon dont les sujets capables de parler et d’agir appliquent ces savoirs »[3]. Bref, cette raison est considérée comme procédurale.

Pour Habermas, la rationalité est aussi liée aux énoncés. Ainsi un énoncé sera dit rationnel, quand il intervient dans une délibération d’au mois deux personnes capables de parler et d’agir. La rationalité des énoncés s’exprime dans leur capacité d’être fondés et critiqués. Il est à savoir que cette rationalité des expressions est conditionnée comme le dit Habermas : « une affirmation ne peut être rationnelle que si le locuteur remplit les conditions nécessaires pour atteindre l’objectif illocutoire consistant à s’entendre sur quelque chose dans le monde avec au moins un autre participant à la communication »[4].

I.1.2. Activité communicationnelle et Activité stratégique

Dans la logique habermasienne, il y a deux types d’activités rationnelles. L’activité orientée vers le succès, et l’activité dirigée vers l’entraide et la compréhension entre les différents participants. Ce sont ces deux types d’activités que nous allons analyser.

L’activité communicationnelle est celle qui se caractérise par une recherche coopérative entre les participants, c'est-à-dire le locuteur agit de manière à établir une relation interpersonnelle avec les autres participants. Dans ces genres d’activités, l’interlocuteur est à considérer comme un partenaire avec qui on est appelé à une entente. Selon Habermas ce concept marque la dimension communicationnelle dans l’interprétation d’une situation en commun. En d’autres termes, ce concept renvoie à la mise au point d’un consensus.[5]

L’activité communicationnelle est celle qui se produit au moment où les participants accordent leurs projets d’action de l’intérieur et de ne tendre vers leurs buts respectifs qu’à la seule condition qu’une entente soi réalisée.[6] Il est important de savoir que cette compréhension entre les participants n’admet pas de contrainte ; au contraire elle demande une adhésion rationnelle de chacun des participants. L’objectif de cette activité est de promouvoir la compréhension entre différents acteurs en dégageant un consensus.

Par ailleurs, l’activité rationnelle stratégique est quelque fois de nature instrumentale ou, manipulatrice. Dans la mesure où un acteur s’oriente vers le succès, il ne désire pas promouvoir l’entente ; mais il cherche à tout prix à satisfaire son but. De ce fait, il peut utiliser tous les moyens possibles, comme la contrainte, la domination, la menace, en vue de la satisfaction des ses calculs égocentriques.

Bref, l’activité communicationnelle renvoie à un agir qui a pour orientation l’intercompréhension, en appliquant les règles connues de tous les concernés. L’application des normes qui ont une reconnaissance universelle est souhaitée pour éviter des conflits de compréhension entre ce que le locuteur veut exprimer et ce que l’interlocuteur comprend de ce qui est dit.


I.2. LE DEPLOIEMENT DE LA RATIONALITE

I.2.1. Dans l’argumentation

L’homme, étant un être rationnel, cherche comment justifier la cohérence de ses actions dans la société. Pour ce, il fait appel à l’argumentation comme discours l’aidant à admettre ou à critiquer une prétention à la validité élevée par lui-même et son entourage. Malgré la tradition antique qui remonte à Aristote, à savoir la logique formelle, qui consistait à l’enchaînement des propositions pour une conclusion valide. Ce fut une bonne façon de convaincre. Habermas de son coté fait appel à une logique de l’argumentation qui est fondée sur la cohésion intrinsèque des actes par lesquels les arguments sont fondés. A ce sujet Habermas écrit : « la logique de l’argumentation ne concerne pas les systèmes d’enchaînement logiques d’unités sémantiques (phrases) ; mais plutôt les relations internes déductives ou non entre unités pragmatiques (actes de langage) à partir desquelles se composent les arguments »[7].

Il est utile de signaler que la notion de l’argumentation est appliquée par celle de consensus. L’argumentation est à considérer comme poursuite par des moyens réflexifs de l’activité orientée vers l’intercompréhension. Aussi comme une forme d’interaction réglée spécifiquement. Les arguments doivent être considérés comme pertinents, convaincants en vertu de propriétés intrinsèques et grâçe auxquelles on peut honorer ou rejeter les prétentions à la validité.[8] Dans cette optique, Habermas analyse l’argument comme processus, procédure et production.

I.2.1.1. Argument comme processus

L’homme cherchant toujours à vaincre dans la discussion peut utiliser toute sorte d’argument même si l’argument n’est pas pertinent. C’est pourquoi l’homme peut faire appel à la rhétorique, c'est-à-dire à une haute performance linguistique en vue d’obtenir l’assentiment de ses interlocuteurs. Sur ce, Habermas écrit : « il s’agit d’une forme de la communication improbable, car tendanciellement rapprochées des conditions idéales »[9].

De cette vue des choses, nous comprenons que l’acteur ou le proposant fait tout pour soutenir toujours sa position initiale. Le souci de l’acteur n’est que de persuader d’autres participants, il reste toujours dans sa position, dans le but de faire valoir ses opinions.

En outre, sous cet aspect de considérer l’argument comme processus ; nous pensons que l’influence d’une haute performance linguistique peut agir su les arguments pour légitimer uniquement ses intentions propres d’un acteur. Dans ce cas, l’acteur agit non avec intention de coopération, mais avec celle de convaincre un auditoire universel. Et celui qui agit cherche à toux prix l’adhésion générale des autres acteurs.

I.2.1.2. Argument comme procédure

En considérant l’argument sous cet aspect, ce dernier devient un moyen pour mettre fin au débat. En d’autres termes, l’intention des protagonistes est d’achever le débat autour des prétentions élevées par un accord rationnellement motivé. Chaque prétention doit être soutenue par les arguments valides. Il est savoir que, c’est une forme d’interaction normée spécifiquement. C’est-à-dire le proposant et l’opposant sont dans une forme de travail coopérative, afin d’aboutir à l’entente. Et pour s’assurer grâce à la raison de la justesse ou non de la prétention soutenue par l’un ou l’autre.

Il est important d’utiliser l’argumentation comme procédure, dans le seul souci de mettre un terme à toute forme de communication discursive.

Dans ce sens, l’argumentation n’admet qu’une seule contrainte qui est celle du meilleur argument. Le proposant et l’opposant grâce à la raison, chercheront à trouver la justesse ou non de la prétention élevée. Tout ceci dans le but de mettre fin au débat autour des prétentions hypothétiques à la validité élevées par l’un et l’autre en vue d’un accord motivé par la raison.[10]

I.2.1.3. Mode de production de l’argument

Il est question de la logique de production des arguments capables d’influencer l’adhésion d’un autre participant. En d’autres termes, il faut produire des arguments qui seront à mesure d’amener les autres participants à croire en ce que vous dites ; les arguments doivent être bien fondés. La force d’un argument se mesure par sa capacité de justifier l’acte posé. Il ne serait pas étonnant de nous entendre parler de la logique de l’argumentation, car les arguments peuvent se présenter sous plusieurs formes en tenant compte du contexte de la situation. Autrement dit, les arguments dépendent du, type d’argumentation qu’un locuteur veut soutenir. Les arguments varient d’une entreprise à une autre.

Pour Habermas ne peut comprendre la force d’un argument que celui qui connaît le fonctionnement de cette entreprise ou du contexte dans lequel l’argument est produit. C’est dans ce sens qu’il écrit : « nous ne comprenons la force fondamentale des arguments d’ordre médical, que dans la mesure où nous comprenons l’entreprise médical elle-même »[11]. A notre sens, nous pensons qu’on ne peut faire un bon débat même dans notre vie quotidienne que si on s’inscrit dans un même registre de langage. Ce qui précède nous laisse dire que le politicien, le pédagogue, le philosophe, l’agriculteur, le féticheur, le joueur, chacun ne peut se comprendre bien qu’avec les gens de son acabit ; car dans chaque domaine il y a des mots propres et logique propre. Seule chose à retenir dans toutes ces catégories malgré tout, c’est la recherche coopérative de la vérité.

En outre Habermas critiquant Toulmine qui n’a pas nettement séparé la prétention conventionnelle d’une prétention universelle à la validité, distingue deux types de prétentions : à savoir la prétention au gain et la prétention à la validité. La prétention au gain est celle dans laquelle un fan affirme à propos de ce qu’il aime. Selon Habermas l’affirmation de ce genre n’a pas besoin d’être fondée par les arguments, car elle n’a à avoir qu’avec l’intérêt du producteur qui veut satisfaire ses souhaits. Par contre, la prétention à la validité est celle élevée par un connaisseur en la matière et qui est susceptible d’être fondée par les arguments.[12]Car c’est en guise de quelques raisons que le locuteur formule des propositions et il doit avancer des arguments qui justifient la considération de ses propositions.

Nous allons distinguer ces deux types de prétentions dans la phrase suivante à analyser : il certain que l’équipe de Tout puissant Mazembe parviendra à la finale de la ligue des champions d’Afrique cette année.

Dans le cas présent, si le producteur est un fan des corbeaux de Lubumbashi (joueurs de T.P. Mazembe), il est question d’une prétention au gain, une telle affirmation n’a pas besoin d’être fondée par les arguments. Mais si cette prétention est élevée par un connaisseur en matière de football, par exemple un entraîneur, un professionnel, il sera question du pronostic qui peut être soutenu ou rejeté par les arguments. La réfutation ou l’acceptation de la proposition du proposant ne peut provenir que simplement de la raison.

I.2.2. DANS L’AGIR DRAMATURGIQUE

L’homme est un être qui est toujours considéré comme un mystère, car chacun se connaît mieux lui-même que les autres. L’homme montre à l’autre une partie de sa subjectivité par les actes qu’il pose dans le monde social avec ses semblables. Cette forme d’interaction sociale devient alors comme le dit Habermas : « une rencontre où les participants constituent un public dont chacun se produit pour l’autre et présente à l’autre une partie de lui-même »[13].

L’homme qui se présente, qui veut montrer sa subjectivité en partie aux autres joue le rôle de l’acteur et les autres jouent le rôle du spectateur. Dans cette optique, nous comprenons qu’il s’agit d’une rencontre entre personnes ; c’est- à -dire il est question d’une interaction sociale. Dans une telle forme d’action, les gestes, la parole, la représentation, la façon de parler ont une importance très capitale. C’est ainsi qu’Habermas écrira : « dans l’agir dramaturgique les caractères de style, l’expression esthétique, les qualités formelles en général revêtent un si grand pois»[14].

A notre avis, même dans notre vie quotidienne, nous comprenons ou nous faisons l’idée sur quelqu’un par sa façon de parler, gesticuler et de réagir face à des situations qu’il rencontre. Ce qui précède nous laisse dire qu’on peut faire l’idée de quelqu’un à partir de ce qu’il nous montre par sa façon de faire. Ceci montre le grand rôle que joue la raison pour l’acteur qui donne aux autres une idée sur son état d’âme intérieur. Dans ce type d’action, l’interprétation joue un rôle très important, il faut user de la raison pour une communication non déformée.

I.2.3. DANS L’AGIR REGULE PAR DES NORMES

Avec l’inflexion de la philosophie prônée par Habermas, nous constatons que l’homme est un être qui est dans la société où existent des lois. De ce fait, l’homme est appelé à respecter ces lois de la société dans laquelle il appartient pour le bien de vivre ensemble. L’homme aura maintenant la tache difficile de respecter les interdits, les normes, la non violence de sa société.

Raymond Ball pense qu’un enfant tout ce qu’il peut faire ne peut dépendre que de ce qu’il a reçu de ses parents.[15] La tache de l’homme la plus complexe sera alors celle de l’adaptation à la société dans laquelle il vit. Ceci nous conduit à dire que l’homme est essentiellement en relation avec son monde vécu. L’homme doit agir en respectant les normes, pour éviter des violences langagières, et toute sorte de violation.

Il est intéressant de comprendre que cette structure d’agir est régulée par des normes reconnues de tous les destinataires. Ces normes ne sont pas n’importe lesquelles, mais elles sont trouvées à partir d’un consensus de tous les concernés. Ces normes doivent être légitimées par les participants ; c’est cette reconnaissance qui en fondera sa validité. C’est ainsi que Habermas écrit : « nous disons qu’une norme existe ou jouit de la validité sociale (soziale geltung), si elle est reconnue comme valide (geltig) ou légitime par ses destinataires »[16]. A notre sens, une norme est le fruit conventionnel d’un cercle des participants. Et pour voter des normes, il faut une bonne participation ou, un bon exercice de la raison.

Même dans notre vie de tous les jours, si nous agissons toujours en conformité avec les normes de la société à laquelle nous appartenons, les besoins d’une personne vont valoir pour tous les autres membres de sa communauté. Autrement dit, tous les acteurs d’une société vont cordonner leurs actions selon les lois reconnues de tous. De ce fait, leurs actions seront produites toujours dans le bon sens avec les normes reconnues intersubjectivement.[17]

En bref, nous disons que dans cet agir , l’intersubjectivité est un enjeu important. Et il est à savoir que l’intersubjectivité est une forme de vie parfois mal vécue, elle peut parfois constituer un obstacle pour une bonne communication. D’où il faut un déploiement de la raison pour bien guider les sujets en action, dans la mesure où l’intersubjectivité est parfois difficile à vivre.

I.2.4. DANS L’AGIR TELEOLOGIQUE

Dans cet agir l’acteur est ici en face du monde objectif, c’est-à-dire l’ensemble d’états des choses existants. L’acteur présuppose un monde qu’il souhaite réaliser, concrétiser, transformer. Il développe les intentions avec comme orientation de faire exister les choses souhaitées. C’est le cas d’une activité par rapport à une fin préalablement connue. L’acteur cherchera les moyens qu’il faut réunir pour la réalisation des intentions, ses opinions.

L’agir finalisé peut échouer ou réussir. Ceci nous conduit à dire que la rationalité se déploie en fonction de but visé par l’acteur comme l’écrit notre auteur : « l’action peut être considérée sous l’aspect de la rationalité par rapport à une fin »[18]. C’est-à-dire l’acteur doit chercher des moyens pouvant lui permettre d’arriver à la réalisation de ses intentions. L’acteur doit montrer sa rationalité en accordant ce qui advient dans le monde avec ses souhaits et intentions.

A notre sens, nous pensons que l’acteur dans une telle activité doit avoir des présuppositions ontologiques, dans le contexte du monde objectif qui lui demandera d’afficher tel comportement, telle attitude, telle discipline, dans le but de réaliser un objectif précis. Tous ces efforts ne peuvent être que le fruit de la raison. C’est la raison qui est la seule faculté qui aide l’acteur à choisir ce qu’il faut pour la réalisation de son objectif.

Au dire d’Habermas, cette forme d’action s’élargit à une activité stratégique, dans la mesure où l’acteur agit dans le souci de provoquer l’apparition d’un état souhaité avec les moyens appropriés dans un contexte donné qui le conduira à la réussite, donc au succès.[19] Ceci nous permet d’affirmer que l’acteur doit posséder un bagage cognitif et ce bagage, c’est la raison. Et les sujets n’agissent de façon coopérative que si leur calcul égocentrique d’utilité s’accorde.

CONCLUSION

Qu’il nous soit permis de conclure à ce niveau que la rationalité dont parle Habermas n’est que procédurale. C’est-à-dire la rationalité dans l’optique habermasienne consiste non à la possession de la connaissance, mais à l’utilisation de celle-ci, en vue d’une entente entre plusieurs sujets. Habermas plaide pour une raison qui prévoit l’émancipation de l’homme à travers la communication. La reconnaissance des sujets en action est le fruit de la raison pour une activité communicationnelle réussie.

En outre, cette raison sert de fondement à la communication, même au niveau des arguments que doivent avancer les participants à la discussion ; celle-ci entendue comme une vraie communication. Pour qu’un locuteur justifie son action, il lui faut une rationalité élevée, en formant des arguments non seulement efficaces, mais aussi valides. Il est utile de signaler que l’argument est conçu chez Habermas comme processus, procédure et mode de production.

Enfin, cette raison à la base de la communication est manifestée dans l’agir dramaturgique, dans l’agir normatif et téléologique etc. L’agir dramaturgique consiste en nos propres états d’âmes intérieurs que nous communiquons aux autres. L’agir normatif consiste en ce qu’un acteur puisse agir toujours en conformité avec les règles reconnues de tous. L’agir téléologique, la réalisation des intentions dans le monde objectif. Bref, tout agir étant une forme de la communication doit être fondé sur la raison.



[1] OKOLO OKONDA, « Rationalité et rationalités chez Jürgen Habermas», in revue philosophique africaine, n°24,1996. p.6.

[2] J. HABERMAS, Théorie de l’agir communicationnel, tome1, Paris, Fayard, p.26-27.

[3] Ibid., p.24.

[4] Ibid., p.27.

[5] Cf. J. HABERMAS, Morale et communication, P.149.

[6] Cf. ibid., p.148.

[7] J. HABERMAS, Théorie de l’agir communicationnel, Tome1, p.39.

[8] J. HABERMAS, Textes et contextes. Essai de reconnaissance théorique, Paris, Cerf, 1994. p.40.

[9]J. HABERMAS, Théorie de l’agir communicationnel, tome1, p.41.

[10] Cf. ibid., p.41

[11] Ibid., p.48.

[12] Cf. ibid., p52.

[13] Ibid., p.106.

[14] Ibid., p.108

[15] Cf. RAYMOND BALL, Pédagogie de la communication, Paris, PUF., 1971. p.29.

[16] J. HABERMAS, Théorie de l’agir communicationnel, tome1, p.104.

[17] Cf. J. HABERMAS, Théorie de l’agir communicationnel, tome2, Paris, Fayard, 1987. p.225.

[18] Ibid., p.101.

[19] Cf. ibid.

Kalonda Itsekuna

vendredi 28 mai 2010

LA FUTURE PROVINCE DE MAI NDOMBE

Le mai-ndombe, autrefois domaine privé du roi Léopold II renferme beaucoup de richesses non exploitées, peut être non connues. Une question me vient à l'esprit, pourquoi est-ce coin était considéré comme domaine privé du roi Léopold II ? c'est un acte qui doit nous faire réfléchir.Le plus grand lac de la RDC s'y trouve, et ce lac, est très poissonneux, comment arriver à exploiter industriellement ces poissons? Je crois que le mai-ndombe qui est une future province parmi les 26 que comptera la RDC, a beaucoup de potentialités naturelles, comme la nappe de pétrole qui peut produire plus que celle de Moanda, l'uranium présent dans plusieurs rivières de cette future province, le bois qui n'est pas exploité à bon droit, la beauté naturelle qui peut-être l'objet de tourisme une fois organisée, la quantité suffisante de poissons contenue dans les différentes rivières (Lukenie, Mfimie,Lac mai-ndombe,lokoro,mulibampei,lolabu, rivière kasai), les produits agricoles (comme le riz, le haricot, le mais, le manioc, la banane,etc.) qui pourrissent au mai-ndombe,ou qui sont vendus à un prix insignifiant. C'est en travaillant, en pensant à cette énormité de richesses que ce coin pourra se développer mieux qu'actuellement. Pensons bien à cela.

KALONDA Héritier

samedi 6 mars 2010

COMMUNICATION ET DEVELOPPEMENT

La communication devient un fait transdisciplinaire. Dans cette réflexion que nous menons, parler de la communication, nous renvoie un peu plus particulièrement au dialogue. Et l’idée du dialogue implique celle de l’altérité. La croissance sur tous les plans : économique, sociale, physique etc. est conditionnée par la communication. Mais, nous orientons cette réflexion sur le plan économique. Il faut que les gens apprennent à s’unir et à travailler ensemble pour construire notre monde, le rendre plus beau qu’avant, même qu’actuellement. De ce fait, nous nous rendons compte que la communication est une condition pour la croissance de tout un peuple.

Dans cette ligne de compte, Jean Lafontaine disait : « toute puissance est faible à moins que d’être unie». Ceci implique l’idée d’ouverture, d’écoute et de tolérance. Ce ne plus le moment où un peuple ou une culture doit se replier sur soi ; c’est le moment pour nous de bien réaliser l’interculturalité au mai-ndombe pour la transformation de coin et de notre monde. La différence de tribut ne sert à rien, car de l’autre peut sortit quelque chose de bon. L’interculturalité nous conduit à une synonymie qui est l’intersubjectivité. Pour accéder au développement durable, il nous faut arriver à la considération horizontale sans discrimination, ni domination, ni complexe, ni contrainte, comme le disait le philosophe allemand Jürgen Habermas.

La communication dans ce sens veut dire, chacun doit considérer l’autre comme son collaborateur avec qui il est appelé à vivre pour construire ensemble notre monde. De l’Autre peut sortir une idée pouvant m’aider à la perfection de ce que je pense faire. L e dialogue montre que chacun est à mesure de donner son opinion, en ce sens tous les acteurs vont s’entendre pour choisir quelle perspective est la meilleure en vue de la réussite. Cette notion de la communication que nous prônons ne se réduit pas au mass médias, mais elle n’oublie pas l’importance de celle-ci ; ce qui est vrai elle s’étend dans un spectre très large de sujets capables de parler et d’agir. La communication pose problème même au niveau d rencontre ente les tributs. Le refus de la reconnaissance des valeurs culturelles des autres bloque aussi le développement. Ce ne plus le moment de s’éloigner ou de négliger les autres, mais je propose une fusion, c’est-à-dire « une rencontre éthique » : choisissons le bien d’une culture à une autre perfectionnons notre monde. Dans la mesure où chaque tribut peut avoir une pratique efficace différente des autres, qui peut contribuer à la perfection de notre situation de vie actuelle.

Bref, une vie heureuse et bonne doit être fondée sur le consensus et la considération horizontale. Personne ne doit croire posséder seul la vérité et la réalité. Ne rien faire sans délibération d’au moins deux personnes. Seul jamais avec les autres oui. Là je pense au proverbe de basakata qui dit : « ntwa bee na ntwa nzeme ukime, ntwa bee» ce qui montre l’importance accordée à l’Autre depuis nos ancêtres. En fin pour un bon développement, nous ne devons pas chercher les intérêts égocentriques, il faut toujours faire appel au dialogue pour délibérer les intérêts de tous. Ceci nous conduit à la reconnaissance intersubjective. L’Autre est un homme capable de faire une bonne chose comme moi. Tout ce que j’ai proposé ne peut se réaliser qu’en travaillant et non en croisant les bras, ou encore non avec les bras toujours demandants (le pesa –ngaimani).

KALONDA Héritier